Pour un Avenir Citoyen au Tignet - PACT

Le coin des historiens

La ligne de chemin de fer Nice-Meyrargues...

Au moment où une menace plane sur le tracé de l'ancienne ligne de chemin de fer Nice-Meyrargues, nous avons tenu à réactualiser un article de ce blog datant de 2007, preuve de notre longévité dans la vie de la cité du Tignet. A l'époque, c'était, côté Var, la création d'une décharge de type III dans le vallon des Freyères, à Montauroux, qui faisait problème. La voie d'accès qui menait à cette décharge était un tronçon de l'ancienne voie ferrée. Nous avons alors décidé de nous intéresser à cette ligne, l'un des rares vestiges historiques du Tignet.

Pour tout savoir sur la ligne Nice-Meyrargues et le viaduc de la Siagne reliant Le Tignet à Montauroux, cliquer ici.

Images de l'ancienne Provence...


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Qui n'a jamais ouvert la Description de la Provence d'Achard ?

Que l'on cherche à saisir tel aspect de la vie dans les villes ou les villages provençaux de la fin de l'Ancien Régime ou que l'on s'intéresse simplement à telle commune, on est toujours conduit à consulter cet ouvrage d'une exceptionnelle richesse. C'est que la Description d'Achard est un dictionnaire qui, pour les villes, bourgs, villages et fiefs de Provence classés par ordre alphabétique, donne des informations sur l'administration, la géographie, l'histoire et les moeurs.

L'ouvrage d'Achard ne se trouve actuellement que dans les fonds anciens des bibliothèques et son troisième volume est resté manuscrit. C'est pourquoi les auteurs ont choisi de procéder à cette réédition, non pour l'ensemble de la région, mais pour la Provence orientale des pays de Grasse et de Draguignan. Ils ont ainsi le plaisir d'offrir aux chercheurs comme à tout habitant des communes de ces « pays », avec des illustrations fournies par de vieilles cartes postales ou des clichés inédits datant du début du XXe siècle, ces images de l'ancienne Provence.

Maudite soit la guerre...

En cette veille du 11 novembre, toutes les communes de France s'apprêtent à commémorer l'anniversaire de la fin de la guerre de 14 - 18.
A quoi sert ce devoir de mémoire si ce n'est pour montrer les dégâts causés par la guerre et éviter qu'elle ne recommence ?
Pas si simple, la stèle commémorative de Gentioux, dans la Creuse, commune qui perdit 60 hommes en 14 - 18, n'a jamais été inaugurée, et demain, aucun représentant de l'état ne viendra y déposer une gerbe.
La raison en est simple, en lieu et place du poilu habituel, on trouve un orphelin qui tend un poing rageur vers une inscription : "Maudite soit la guerre"
Ce monument qui sonne comme un appel au pacifisme et à l'antimilitarisme semble bien dérangeant.
Les hommes ont-ils bien compris la folie de la guerre ?

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La stèle de Gentioux, classé monument historique en 1990. En savoir plus en cliquant ici.

Commémoration de l'Appel du 18 juin

Discours de madame Françoise Brousteau, maire de Peymeinade, lors de la cérémonie de commémoration de l'appel du 18 juin aux monuments aux morts. Un texte auquel nous adhérons totalement et que nous avons tenu à mettre en ligne :


Nous sommes réunis pour commémorer le 68ème anniversaire d’un événement essentiel pour l’histoire de notre pays.

En juin 1940, l’armée française vient d’être écrasée par la Wehrmacht. C’est la débâcle. Le pouvoir politique français, en la personne de Paul Reynaud, a démissionné et les Français prennent le chemin de l’exode. Des dizaines de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants se retrouvent sur les routes, fuyant les combats et subissant des bombardements meurtriers. Nous sommes nombreux ici à ne pas avoir connu cette époque, mais nous avons tous à l’esprit des images émouvantes, forgées par des documents d’archive, des témoignages familiaux ou des séquences de films.

Dès le 15 mai 1940, au moment de la percée de Sedan par les panzers allemands, le Général de Gaulle écrit : « Au spectacle de ce peuple éperdu et de cette déroute, je me sentis soulevé d’une fureur sans bornes… La guerre commence vraiment mal. Il faudra donc qu’elle continue (…) Si je vis, je me battrai où il faudra, tant qu’il faudra. »

Le drapeau nazi flotte sur Paris le 14 juin et le Maréchal Pétain, le héros de Verdun 27 ans plus tôt, succède à Paul Reynaud à l’âge de 84 ans et accepte les conditions léonines du Führer, qui assouvit son désir de revanche après l’humiliation subie en 1918.

Le 22 juin, à Rethondes dans l’Oise, à l’endroit même où 22 ans plus tôt avait été signé l’armistice du 11 novembre 1918 consacrant la défaite de l’Allemagne, le Maréchal Pétain signe un armistice qui divise la France en deux zones et la plonge dans 4 années de souffrances et de privations. François Mauriac résume la situation en une phrase : «La France se retrouve au bord d’un abîme d’humiliation».

Mais le 18 juin 1940 retentissent sur les ondes de la BBC les mots qui constituent le premier appel à la résistance face à l’occupant nazi : « La France a perdu une bataille, mais la France n’a pas perdu la guerre. La flamme de la résistance ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas».

Ces mots sont lancés par un homme encore inconnu, isolé en 1940, dont l’engagement va changer le cours de l’histoire. Le Général Charles de Gaulle, 49 ans, sous-secrétaire d’Etat à la Défense, s’envole pour Londres le 17 juin, pendant que Pétain annonce à la radio sa décision de cesser le combat. De Gaulle entre en résistance et refuse de croire à une victoire inéluctable de l’Allemagne.

Peu de Français entendent son message. Mais tout au long du mois de juin, il continue à s’adresser sur la radio de Londres aux militaires français, au peuple français et même au maréchal Pétain, dénonçant l’armistice comme un asservissement. Il exprime toujours sa foi en l’avenir et sa certitude de victoire.

Les premiers ralliements sont rares. Seuls quelques volontaires partent en Angleterre, avant d’être rejoints par des petits groupes, mais on est loin de pouvoir constituer une armée.

Nous devons rendre hommage au courage de tous ceux qui, peu à peu, répondant à l’appel du 18 juin, ont créé les mouvements de résistance, à toutes ces femmes et tous ces hommes qui sont entrés dans la clandestinité et ont participé à des missions de renseignement, de sabotage. Ils savent qu’ils peuvent être arrêtés, torturés, fusillés.

Et pourtant, ces hommes, dispersés au début, s’organisent en réseaux. Les Français de l’ombre et les Français de Londres mènent un même combat. Tous les mouvements de résistance réalisent leur unité grâce à Jean Moulin , autour du Général de Gaulle.

Je ne vais pas insister sur toutes les actions de la résistance qui ont permis la victoire. Mais je voudrais rendre hommage à tous ceux qui ont préféré dire non plutôt que de se soumettre et qui se sont battus pour que nous puissions vivre en liberté.

Mais au-delà de l’appel du 18 juin, nous ne devons pas oublier que le Général de Gaulle a créé le Conseil National de la Résistance, à l’origine de grandes réformes sociales et progressistes. Nous lui devons la sécurité sociale, les retraites généralisées, le droit à la culture et à l’éducation pour tous, le vote des femmes, la création des comités d’entreprise et du salaire minimum garanti, la nationalisation du gaz, de l’électricité, des banques, la semaine de 40 heures. Toutes ces avancées sociales sont actuellement remises en cause, grignotées peu à peu.

Je citerai pour terminer les derniers paragraphes de l’appel lancé en 2004, à l’occasion du 60ème anniversaire du Programme du Conseil National de la Résistance, par 13 personnalités de la Résistance, dont Lucie et Raymond Aubrac, Germaine Tillion, Daniel Cordier, le secrétaire de Jean Moulin ou Jean-Pierre Vernant, : « Nous appelons les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels et à se consacrer en priorité aux cause politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un « Nouveau Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales .»

Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la communication marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au Programme du Conseil National de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ».

Lucie Aubrac et le Général de Gaulle se rejoignent pour livrer un message à la fois de combat et d’espérance. Sachons nous en inspirer en toutes circonstances.