PACT et le syndicat des eaux
L’une des premières préoccupations de PACT lorsque nous avons averti les Tignetans des menaces liées à la volonté de notre maire de rattacher notre commune à la CAPAP, concernait le SICCEA, syndicat des eaux réunissant 5 communes : Peymeinade, Spéracèdes, Cabris, Saint-Cézaire-sur-Siagne et Le Tignet.
Pour en savoir plus sur ce syndicat, son origine et son histoire, vous pouvez visiter son site :
www.siccea.fr/
En quoi ce syndicat était-il menacé par une adhésion de notre commune à la CAPAP ? C’est son Président, Maxime Coullet, conseiller général de notre canton et maire de Saint-Cézaire qui est le mieux placé pour répondre à cette question. Il l’a fait dans l’habituelle lettre jointe à la facture d’eau que nous recevons 2 fois par an. C’était au début de l’été 2004 :

"Pour autant, nous ne sommes pas exempts de tout sujet d’inquiétude. Car la loi Chevènement est passée par là. Mais en quoi concerne-t-elle notre syndicat, me direz-vous ? Eh bien, elle peut avoir des incidences extrêmement sérieuses sur l’avenir de cette structure dont nous avons toujours chéri l’indépendance. Elle prône en effet les regroupements intercommunaux dont plusieurs formules sont possibles. Dans l’hypothèse d’une communauté de communes, solution qui me semble la plus raisonnable, à l’heure actuelle, nous conserverons notre indépendance. Dans l’hypothèse d’une communauté d’agglomération, et tant que celle-ci n’a pas pris la compétence "eau", pas de souci non plus. Mais s’il advenait que cette compétence soit prise, c’en est pratiquement fini de notre S.I.C.C.EA. qui ne pèserait pas lourd face à La Lyonnaise des Eaux, présente de Cannes à Grasse."
"Et si notre canton, divisé sur ce sujet de communauté, entre "bas" et "haut", se séparait... Les implications et complications dans la gestion de réseaux, des ressources, du patrimoine, des richesses acquises - notamment les fameux droits d’eau - des matériels et personnels sont énormes. D’autant que le flou absolu laissé par le législateur peut faire prévoir de longues et très difficiles évaluations et répartitions. Tout en excluant la notion de conventionnement pour le service, totalement illégale. Alors oui, je suis inquiet. Mais je vous souhaite néanmoins un été exempt de soucis, au frais dans vos jardins verdoyants... grâce aux efforts de notre syndicat, qui souhaite pouvoir rester toujours à votre service."
Ce que craignait Monsieur Coullet, c'était donc de voir notre syndicat livré à la Lyonnaise des eaux. Et nous étions en plein accord avec lui...
Automne 2005, une rumeur circule disant qu’un désaccord est né au sein du conseil syndical du SICCEA. Un audit aurait été commandé pour une remise à plat de la gestion de l’eau allant jusqu’à envisager la délégation de cette gestion à la Lyonnaise des eaux. Le maire du Tignet aurait été l’un des chauds partisans de cette solution que 3 communes sur 5 auraient rejetée d’emblée, un rapport de force inquiétant parce que pouvant basculer à chaque instant. Différents contacts téléphoniques nous confirment que cette rumeur a, au minimum, un fond de vérité et nous choquent : nous n’admettons ni le manque de transparence et de concertation entourant cette affaire, ni les risques liés à une délégation de la gestion de l’eau à une société privée. Cette situation nous apparaît, en fait, comme le premier pas d’une marche, involontaire au mieux, déguisée au pire, vers une adhésion à la CAPAP dont les Tignetans ne veulent pas. Nous décidons donc d’agir.
Début 2006, salle polyvalente du Tignet : discours du maire lors des vœux traditionnels du nouvel an, et non moins rituelle déclinaison de tous les travaux faits dans la commune pendant l’année et qui, comme d’habitude, ne nous épargna aucun des moindres trous bouchés par les services de la voirie. N’est pas Malraux qui veut ! Nous attendions sans trop y croire que ce discours débouche sur le SICCEA. Peine perdue. Mais, surprise, notre maire lança un appel à la population pour trouver un nom à la salle polyvalente. Cela fit « tilt ! » : l’alerte que nous allions lancer aux Tignetans se ferait sous le signe de l’humour…
Quelques jours plus tard, les Tignetans trouvèrent ce message dans leur boîte aux lettres :

Nous ne savons pas combien de ces messages sont parvenus à la mairie, mais suffisamment pour que le maire se sente obligé de faire insérer un encadré intitulé « Informations » dans l’ « Echo du Tignet » n° 11 de février 2006 :

Ce texte mériterait de figurer au musée de la mauvaise foi :
Accuser PACT d’un manque de concertation avec la municipalité alors même que la plupart des conseillers municipaux ignoraient tout de ce qui se tramait au SICCEA – nous l’avons su après coup - tient de la haute voltige, et nous avons eu alors une pensée émue pour les adducteurs de monsieur Debruyne : tenter de tels grands écarts doit être très douloureux !
Nous n’avons pas vu, de notre côté, la nécessité de solliciter les Tignetans pour « baptiser » la salle polyvalente – toujours aussi anonyme à ce jour ! – pour refuser ensuite le nom choisi qui, d’évidence, ne cadrait pas avec les projets de certains.
Nous remercions néanmoins notre maire d’avoir rendu public et officiel ce qui jusqu’alors n’était qu’une rumeur : il existait bel et bien une menace sur l’eau ! Quant « au fondement économique » de la chose, nous en faisions bien volontiers notre affaire…
A partir du moment où le risque de délégation de la gestion du SICCEA devenait « officiel » puisque confirmé publiquement dans l’ « Echo du Tignet », une réunion publique aurait logiquement dû être organisée par le maire sur ce sujet : il ne pouvait accuser PACT d’agir « en dehors de toute concertation avec l’équipe municipale » et, dans le même temps, ne pas organiser une forme de concertation.
Ne voyant rien venir, nous avons décidé d’organiser nous-mêmes une réunion publique sur le thème de l’eau. Et pour prendre un peu de hauteur, nous avons voulu replacer le problème du SICCEA dans un contexte mondial.
Nos objectifs étaient multiples :
montrer que plus un service est organisé près du consommateur et meilleure est sa qualité
prouver que les prix pratiqués en régie publique sont plus bas que ceux pratiqués par des sociétés privées
faire comprendre qu’une délégation de service public (DSP) à une société privée est pratiquement irréversible
faire le lien sur le plan local entre intercommunalité et gestion de l’eau
Reconnaissons à notre maire une qualité : il n’a jamais refusé de mettre à notre disposition une salle communale lorsque nous le lui avons demandé. C’est ainsi qu’en mars 2006, des affiches appelant les Tignetans à venir à une réunion sur l’eau ont fleuri dans la commune :

Nous avions soigné notre « casting » en invitant les maires de Contes et Varages, deux communes revenues en régie publique après avoir goûté aux « joies » de la DSP, ainsi que Maxime Coullet, président du SICCEA qui, au dernier moment, s’est fait remplacer par Michel Froeschlé, 1er adjoint à Cabris.
La réunion s’est déroulée en 4 parties dont les comptes rendus sont consignés en annexes (cliquer sur 4 annexes au bas de l'article puis sur l'un des 4 documents qui apparaîtront) :
intervention de PACT pour dresser un bilan de l’eau dans le monde
intervention de Michel Partage, maire de Varages
intervention de Francis Tujague, maire de Contes
intervention de Michel Froeschlé
Une réunion qui a eu du succès puisque près de 120 personnes y ont assisté ainsi qu’une journaliste de Nice Matin qui nous a gratifié de l’article suivant :
Cliquer sur l'article pour le lire.
Depuis, les rumeurs sur le SICCEA se sont tues. Mais nous savons pertinemment que le feu couve toujours sous les cendres. Il faut que tous les habitants du canton soient conscients que lors des prochaines municipales, nous serons à la croisée des chemins, que le choix que nous ferons en élisant les prochaines équipes sera déterminant pour rester indépendants ou pour perdre cette indépendance au profit du littoral…